Dimanche 8 novembre 2009
Il est rare qu’un pouvoir soit si sourd aux alertes les plus crédibles. Depuis début septembre, les sénateurs grondaient contre la réforme de la taxe professionnelle. Or il faut toujours se
méfier des anciens volcans que l’on croirait trop vieux. La diatribe de Jean-Pierre Raffarin à l’encontre du projet de loi supprimant la taxe professionnelle est en tous points respectable et
étayée. Mais qu’elle émane d’un ancien Premier Ministre, dont la loyauté à l’égard du pouvoir en place n’est pas le moindre défaut est tout sauf innocent. C’est la marque d’un pouvoir qui a perdu
la main sur un sujet qui touche au cœur l’ensemble des élus locaux : la réalité de la décentralisation. Substituer des dotations à l’impôt suscite un mécanisme bien connu : pérenniser les
situations en étouffant l’autonomie. Le président de la République, qui n’a jamais été que maire de l’une des villes les plus riches du monde et président d’un Conseil général au budget
équivalent à celui de la Grèce, n’aime pas la décentralisation. C’est un fait. Mais ce mouvement d’opposition interne n’a rien d’innocent. Si le jacobinisme se nourrit des temps de crise, les
élus conservent leur liberté de parole et entendent préserver leur liberté d’action.
Par pa.legoutiere
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Publié dans : L'actualité au jour le jour
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